Amo a écrit:
Le plan du drapeau américain, j'ai du être aveugle pendant tout le film, je ne capte TOUJOURS PAS où et quand on le voit. Je dois m'en foutre totalement et j'assume ne pas être du genre à chercher absolument LE détail. Pour moi, le drapeau américain c'est exactement le genre de truc qui ne me gène pas, donc, et je n'en fait pas une fixation. Enfin faire une fixation sur un plan de deux secondes sur 2h20 de films, c'est vraiment vraiment pas mon truc, je crois.
En fait, au niveau mise en scène, ce plan que tu n'as pas remarqué (bienheureux homme) est situé alors que Spider-man se dirige vers le combat final.
Dans le premier film, il y avait un plan du même type, mais notre héros passait devant le blason des États-Unis durant un travelling qui le suivait, lui.
Là , c'est l'inverse : la caméra est fixe, focalisée sur le drapeau. D'où encore de l'eau à mon moulin de l'intentionnalité : ce plan est à l'opposé de la discrète imagerie américaine glissée dans le premier opus, tout comme le baiser de Peter à Gwen Stacy est l'épouvantable négatif, la parodie vidée de sens de l'embrassade avec Mary-Jane.
Je maintiens : Sam Raimi a consciencieusement démoli tout ce qu'il avait construit. Un artiste fait attention aux détails quand il conçoit son oeuvre, et c'est un ensemble de détails qui permet de confirmer que non seulement "Spider-man 3", au-delà de son statut d'excellent film pop-corn, est bâclé, mais qu'il est
volontairement bâclé.
Et quelque part, c'est bien plus intéressant que si Raimi avait autant travaillé sur ce film, narrativement, que sur les précédents. "Spider-man 3", autant par ses thématiques au premier degré que par son sous-texte amer, caustique, à la limite du nihiliste, restera mon épisode préféré.
Amo a écrit:
Je suis par contre plus que d'accord sur le fait que Venom EST loupé: je n'y connais rien au comics original, mais je sais qu'il prend déjà un peu plus de place et dans mes souvenirs il avait un peu plus de classe quoi. Sa mort est en plus absolument désastreuse et sa participation au "grand combat final" est bien pauvre, décidement.
Je ne suis pas trop d'accord pour sa mort, je la trouve hautement significative de son statut de "méchant primitif" et de "parodie de Parker". Sinon, Raimi a pondu des films d'horreur parmi les plus atroces et des antagonistes parmi les plus mémorables, et je ne crois pas que rendre Venom définitif, légendaire, lui posait un problème. Non, je suis convaincu que là encore, le bâclage est voulu...
Sinon, comme déjà dit, ce Venom est un négatif de l'original. Si tu veux te renseigner sur le "vrai", voilà
une page qui le résume parfaitement. T'as vu, hein, on sent la différence !
Amo a écrit:
Mais pour un Venom proprement loupé, on a quand même un Sandman génial. J'adore ce Sandman là , presque invincible, quasiment, une sorte de force indestructible, et tout et tout... et même le coup de la petite fille malade, hypercliché de chez hypercliché, m'a ému.
L'Homme-Sable est génial, tout le monde s'accorde là -dessus. Je pense que lui accorder autant de temps de métrage était une partie de la démarche de Raimi vis-à -vis de la production, avec bien sûr la démolition de Venom.
Amo a écrit:
J'ai même adoré le coup du labo à ciel ouvert, ça prend à contrepied 30 ans de labos dans les cinémas
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.
Le coup du laboratoire à ciel ouvert, c'est limite la plus grande imbécillité de l'histoire de l'humanité. C'est sympa de "prendre à contre-pied", "d'expérimenter" et tout ça, mais ce n'est pas une fin en soi (surtout dans un film comptant déjà tellement de failles. Un laboratoire, c'est fait pour l'expérimentation. L'expérimentation, ça nécessite des conditions aussi aseptisées que possible pour tenter d'obtenir des résultats neutres (déjà que ça ne sera pas le cas, par la simple artificialité de la démarche).
Bref, un labo en plein air, c'est aussi ridicule qu'une épée en plastique : ouais, c'est sympa, mais on n'a pas envie de voir ça dans la main du héros... ou, en l'occurrence, sur le parcours du méchant.
Amo a écrit:
Mais diantre, qu'est-ce que je m'en fous de ces incohérences ! Le seul truc que vraiment j'ai trouvé kitsch c'est lamétéorite ou OUI on aurait pu faire bien mieux. Surtout que le truc qui tombe de très très haut dans un "splourtch" de Carnaval, ça dégomme 500 ans de météorites au cinéma. Le reste, j'en ai un peu eu rien à faire et je n'y ai absolument pas fait attention, je ne l'ai jamais remarqué avant de lire vos messages quoi.
(ah si le coup de la bague qui doit mettre 2mn à tomber, c'était nul ça. Et personne dit rien sur cette scène, étonnant ! Une grue a tellement de sex-appeal...)
Moi reste que j'ai vu un film avec des bastons d'une lisibilité extraordinaire (non mais comment il sauve Gwen le Spidey. ), des personnages brossés avec brio, un délire extraordinaire sur le milieu (DarkParker... ) et un temps qui ne passe pas.
Alors la mise en scène bâclée (mouais), l'absence totale de cohérence et le drapeau américain, je m'en foutais un peu dans la salle, moi.
C'est pas évident de démolir une histoire tout en la racontant "correctement", c'est-à -dire en accordant de l'importance à ce qui en compte vraiment, et un soin extrême au traitement de chacun (Venom est
soigné, il n'apparaît raté qu'en proportion de ce qu'il aurait pu être dans le film, et c'est sciemment que Sam Raimi l'a presque condamné à la figuration).
Le résultat est là : on peut apprécier le film au premier degré, déceler les ratages au second, et supposer qu'ils sont volontaires en plongeant encore un peu plus loin dans les considérations...