Ce que tu dénonces depuis tout à l'heure ? Mais tu sais comment ça se passe en Amérique ? Les réalisateurs et scénarios interchangeables ? Les producteurs qui dirigent quasi systématiquement les monteurs ?
C'est pour ça que je dis que oui, il y a plus de talent en France qu'à Hollywood. En France, les intérêts financiers du moment ne sont pas encore totalement aux commandes (paradoxalement, alors qu'on jongle de manière beaucoup plus raide avec les budgets). Je n'ai pas dit que la France était un incroyable vivier du génie cinématographique, juste que c'était mieux que l'Amérique, laquelle représente tout sauf la référence dans ce domaine. L'Amérique, c'est un système qui marche. Mais c'est de l'académisme rigidifié, de la fabrication en série selon des règles immuables, et occasionnellement un partage en couilles chaotico-maléfique à la Michael Bay. Ce n'est pas la définition que je donnerais au talent et à la qualité.
S'il y a quelque chose à dénoncer dans le système français, qui possède ses propres ressorts un brin curieux ("
Vite, imposons tel acteur pour ce projet-là "), et qui, effectivement, est défavorable aux genres fantastique et action dans leur ensemble (tes arguments sur la question me paraissent irréprochables, il est extrêmement difficile de mener un projet fantastique ou d'action en France sans une aide étrangère), ce système n'est pas pire, et me semble même meilleur, que l'hollywoodien. Ne parlons pas du système Bollywood, qui livre de très belles choses mais d'où toute notion d'originalité, d'inventivité ou même de partis pris artistiques est simplement absente.
Howdy a écrit:
Ben pourquoi aller voir Spiderman alors?
Parce que quand elle est bien traitée, même l'histoire d'un héros aux dents blanches peut se révéler intéressante. Et dans les deux premiers volets, Sam Raimi a fait merveille, il faut bien l'avouer. "Spider-man" et "Spider-man 2" ne sont pas loin d'être des chef-d'oeuvres, il faut bien l'avouer.
Howdy a écrit:
Quand à la Nouvelle Vague, il n'y a rien à intégrer, elle témoigne d'une époque, cette époque est révolue, il est temps à présent de se libérer du dogmatisme présent, qui existe qu'on le veuille ou non, et qu'on se mette à produire de quoi faire pleurer Holywood.
Ouais, vite, transformons-nous en Hollywood 2, encore plus meurtrier, vide et industriel que le premier, jartons nos pathétiques idées de propos, de personnages et d'histoires, ça sert à rien, ce qui compte, c'est que tout le monde soit content, c'est la loi des projections-tests, des films montés par leurs producteurs, du placement de produit et des têtes d'affiches.
Howdy a écrit:
Pas d'excuses à deux francs: une maison de production qui ne prévoit pas la promotion d'un film de cette ambition est tout simplement suicidaire.
C'est toi qui devrais les laisser tomber, tes excuses à deux francs. Tu t'acharnes sur la politique de promotion et de distribution ? Mais qu'est-ce que ces manières ? On discute des oeuvres et de leurs qualités, pas de l'arrosage médiatique dont dépend leur diffusion. Ou on m'aurait menti ?
"Atomik Circus" est un bon film, peu importe la manière absurde dont il a été distribué, laquelle n'est de toute façon qu'une aberration et non pas le symptôme d'un mal profond du cinéma français que tu te plairais à dénoncer.
Les médias ont pas mal raison d'avoir la main lourde quand on s'inspire de nos collègues anglo-saxons pour produire du Besson, par exemple. Contrairement à un "Maléfique" qui retient les bonnes leçons du cinéma d'horreur en général et de l'américain en particulier, le film à la Besson ressemble généralement à de la pâle caricature de cinéma hollywoodien. C'est ce mécanisme de photocopie inepte, qui ne fonctionnera jamais (et c'est heureux, parce que s'il marchait, ce serait un exemple d'achèvement parfait du formatage culturel auquel le monde est actuellement soumis par un certain empire américain), que les critiques voient d'un mauvais oeil. Influence, inspiration, oui. Copie carbone, maladroite et dénuée de recul, de toute réflexion.
Même si les loups-garous et les super-héros manquent un brin à la France, je préfère les idéaux et objectifs de notre cinéma, merci. Comme dit Analand, ce n'est pas le même cinéma... et, ajouterai-je, c'est très bien comme ça. Si on veut absolument de la pop, non, de la pulp culture, même, on a déjà Hollywood. Bien sûr, dans l'idéal, chaque pays devrait produire un éventail diversifié de films, embrassant toute la palette de possibilités offertes par l'expression cinématographique. Mais nous ne sommes pas dans un monde idéal.
Sur ces bonnes paroles, revenons au sujet dont nous avons un brin dévié.
Il a donc été clairement établi que ni le statut de film, ni le statut de film fantastique, ni le statut d'adaptation de comics de "Spider-man 3" n'excusait ses mille incohérences et centaines de facilités, surtout au regard de la cohésion des deux épisodes précédents. Peu importe que ça soit une trilogie, une quadrilogie, qu'il y ait cinq, six, douze films au final : ça ne colle tout simplement pas comme prolongement logique des histoires antérieures. C'est une question d'unité globale. Pas de quoi hurler aux préjugés pro-trilogies quand on critique "Spider-man 3". Je considère aussi qu'en tant qu'oeuvre tout court, même pas élément d'une suite de films, juste en tant qu'histoire, ce long métrage est mauvais. Trop de raccourcis et de trous dans le scénar'.
Il me semble tout aussi clair que l'on peut écarter la suspicion d'une éventuelle jalousie française à l'égard du cinéma américain, qui nous inciterait à voir tous les bons films américains comme de mauvais films parce qu'on n'a pas le cran de les produire chez nous. Howdy, tu as
toute la section Cinéma pour constater qu'on n'injurie pas systématiquement les long métrages d'Hollywood et consorts.