Néophyte du thème, je suis allé voir "La Malédiction" version 2006, remake d'un classique du cinéma d'horreur, accompagné d'un amoureux du film ici revisité et d'un autre profane. Je m'attendais vaguement à une bouse intersidérale amenant, par la loi de la relativité, "Da Vinci Code" au rang de spectacle acceptable.
De par mes yeux innocents, le film n'est pas mauvais. La mise en scène est moins clippesque que je le pensais, peu plombée par des effets spéciaux généralement discrets, et dramatiquement, ça fonctionne impeccablement (mention spéciale aux quelques cauchemars, ça ne vole pas bien haut mais ça fait bien sursauter).
Cependant, "La Malédiction" est une oeuvre littéralement criblée de défauts.
Tout d'abord, les personnages, totalement superficiels, dénués de tout caractère autre que ceux qui servent strictement la progression de l'histoire, et interprétés par des acteurs mauvais, mauvais, mauvais, Dieu qu'ils étaient mauvais ! Les pires se révèlent hélas être les plus importants, à commencer par Damien, qui, comme cela a déjà été dit, navigue entre l'inexpressivité totale et une moue mécontente d'enfant gâté qui, bien loin de pétrifier le spectateur, donne juste envie de lui foutre des claques. C'est ce qu'on se demande tout au long du film, pourquoi les parents n'assènent pas simplement une bonne correction à ce fils insupportable, muré dans son mutisme, victime de crises de violence qu'ils acceptent passivement (les psychologues aussi existent... mais apparemment, le père est incapable de penser que quelqu'un d'autre que son épouse peut avoir un problème).
Ensuite, les extraits de l'Apocalypse, annoncés par un prologue surréaliste, ne font que descendre le film tant les évènements qu'il présente sont en deçà de l'envergure que ces citations tentent de lui fournir. Quand on ne cesse de parler du fils du démon qui amène avec lui des armées innombrables surgissant de la mer, on aimerait bien les voir un peu, les armées innombrables... de même que les braves toutous qui arpentent les environs du manoir ressemblent plus au Médor de ma voisine Gertrude qu'à des cerbères tout droit sortis de l'Enfer.
La seule scène totalement réussie, à mon sens, est celle de l'hôpital, et encore subit-elle une incohérence de taille (comment notre ami ambassadeur peut-il espérer que sa femme décroche le téléphone ? Il a pourtant vu dans quel état elle est).
Donc, un film moyen, doucement pop-corn, loin d'être la pire oeuvre de l'année, à voir pour passer un petit moment millénariste entre amis.
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