Je trouve qu'on a abordé pas mal de sujets assez dignes d'interet dans ce thread. Je vais essayer de répondre à plusieurs d'entre eux sans faire un message trop fouillis.
1/Je trouve déjà très intéressante la réflexion de Arkh sur le refus de l'élitisme qui a mené à un retour de celui-ci dans le classement des sections S/L/ES au lycée. Je partage à un certain point le constat.
Avec une nuance tout du moins:j'ai plus l'impression que les littéraires qui cherchent à le rester dans leur projet professionnel sont soit voués à faire partie de l'élite de L où à se reconvertir dans un boulot merdique. J'ai été dans un lycée (celui d'Orsay) qui comportait 7 fois moins de L que de S mais dont la classe de L était de très bon niveau et qui envoi plusieurs élèves dans des établissements brillants (Science Po ,H4) .
Par contre le chiffre de la moitié des normaliens littéraire qui vient de S ne rend pas compte du fait que la proportion des L est bien moindre à celle des S
Après on ne peut juste pas nier que le bac L est plus restrictif. Même si j'avais un ancien L dans ma prépa MP*(math-physique) l'an dernier c'était plus l'exception que la règle.
2/Pour les grandes écoles, je m'étouffe un peu en lisant ça
Citer:
Je ne sais pas d'où tu as sorti qu'il fallait payer l'année pour passer. L'immense majorité des grandes écoles est gratuites, et les plus prestigieuses (Polytechniques et ENS) payent les élèves pour qu'ils étudient - pas l'inverse. Les rares écoles payantes ne pas les plus côtées, forcément : tant que les parents de l'élèves sortent le portefeuille, on le garde... (mais bon, les enfants de "milieu favorisé" sont globalement bons élèves, ça compense un peu).
Il est vrai que la plupart des grandes écoles que l'on pouvait passer en tant que scientifiques avait des coûts de scolarités abordables (dans les 1000-2000 euros par an quand même). Mais si on se met à parler des grandes écoles de commerces on entre dans des prix tout à fait différents (dans les 6-10000 euros).
De plus les écoles qui payent leurs élèves sont quand même des exceptions (tu es payé à l'ENS, je touche aussi un salaire en tant qu'attaché de l'INSEE à l'ENSAI, mais cela ne m'empêche pas de savoir que l'on est quand même des exceptions).
Je trouve aussi assez étonnant que l'on ne fasse plus forcement des sciences dans les grandes écoles quand on demande aux élèves d'êtres simplement brillants en math et physique pour y entrer.
Fab critique une école comme l'X sous prétexte que quelqu'un comme JMM en soit sortie. Il me semble que le problème ne vient pas d'une quelconque question de jugement au sujet des scientifiques qui seraient meilleurs que les littéraires.
Il vient du fait que -inévitablement- les diplômés de grandes écoles se retrouve à des postes pour leurs réseaux de connaissances et non seulement leur compétences. On peut s'en attrister mais cela n'a pas tant de rapport que ça avec la supériorité des sections scientifiques, après tout les cours des polytechniciens futur dirigeants ne sont pas seulement portés sur les sciences, et ils doivent faire leur preuve pendant leurs années d'études pour intégrer les corps les plus prestigieux.
3/Pour la prépa il est assez clair que cela peut apporter de très bon résultats. On pourra toujours cracher dessus parce que "l'élitisme c'est maaaaal" ce qui est quand même assez ridicule.
Il y a cependant un avantage de la fac : elle permet un parcours plus personnalisé que pour la prépa. Il est clair que l'on acquiert des méthodes de travail de qualité en prépa mais le fait de forcer l'apprentissage simultané de la chimie-la physique et les maths peut en décourager certains*.
Mais bon je ne peux qu'être d'accord sur les TDs,DSs et autres DMs.
*avouons-le je ne suis pas très objectif sur ce côté là puisque j'ai développé une allergie à la physique-chimie en deuxième année, ainsi a un concours comme les mines ma moyenne de math était 15 fois plus élevée que ma moyenne de physique...
4/Pour finir sur le sujet en lui même,a savoir: est ce que c'est vraiment utile de faire L quand on peut lire Nietzsche en autodidacte.
C'est parce que j'étais d'accord avec Arkh (on peut parfaitement faire de la philo tout seul, mais pas des maths) en seconde que j'ai choisi de faire S. Je ne le regrette pas, je lis effectivement Nietzsche en autodidacte quand mes amis littéraires ne comprennent rien à la beauté de la démonstration du théorème de Bolzano Weierstrass et je peux effectivement parler religion avec des amis en fac d'Histoire quand ils ne comprennent pas le sens du terme "différentielle".
Mais j'ai plus de mal avec l'idée que la philo est une matière si subjective qu'elle ne peut en rien trouver sa place dans un cadre scolaire. Même si on pourra toujours appeler Schopenhauer par son prénom comme si c'était un pote,l'école permet quand même d'apporter un supplément de réflexion,de connaissances et de pensée.
Je repense par exemple à mes cours de français/philo de prépa qui étaient d'une qualité assez extraordinaire pour me convaincre de l'intérêt d'étudier des matières littéraire.
Par contre il reste le déplaisant problème de la notation effectivement bien plus aléatoire que pour les sciences (c'est déjà imprécis de noter en math selon moi mais alors en philo...). J'ai là une pensée affectée pour mon correcteur de philo qui m'a mis 8/20 à Centrale. Cet illettré ne devrait pas avoir le droit de poser le pied à moins de 50 mètres d'une établissement de savoir.
