Et c'était une très bonne idée, comme ça, on a effectivement pu avoir des places voisines.
Je n'aime pas les comptes-rendus comme celui que je vais faire, mais c'est une bonne chose pour nos vieux jours, quand nous aurons le cerveau fatigué et besoin d'un aide-mémoire...
C'est parti !
L'après-midi ciné
En début d'après-midi, rencontre avec le fameux Invité Surprise, Arkh. La fin des grèves arrivant à point nommé, il put rejoindre Paris via le RER B. Grand gaillard à la démarche mature, de bonne complexion, et doté de l'amabilité et de la sobriété propres à l'homme de bien, il exhibait sans complexe des baskets à crochets dorés qui se mariaient très bien avec sa cravate Armani, son chapeau haut-de-forme, son monocle et sa canne d'ébène... bon, d'accord, le sieur "Sephiroth-n'est-pas-à -la-hauteur-de-sa-réputation" est d'allure moins datée, mais il n'en est pas moins d'abord agréable. Et les baskets sont vraies.
Retrouvailles avec un Fabrice resplendissant à la Place Carrée. Dark Fab avait revêtu une fort jolie tenue, l'occasion de revoir son nouveau manteau noir, et une coiffure un peu moins tirée en arrière qu'à l'ordinaire, ai-je eu l'impression. Nous discûtames de choses et d'autres en nous hâtant vers UGC Ciné Cité les Halles pour prendre les billets de notre seconde séance. Horreur et stupéfaction ! La carte illimitée ne permet pas de retirer ses entrées plus d'une heure avant d'aller voir le film. Qu'à cela ne tienne, Arkh, dénué de l'abonnement, put payer en espèces sa place pour l'épopée nordique. Puis nous rebroussâmes chemin, traversant à nouveau la Place Carrée pour finir par gagner l'UGC Orient Express.
Ouf, c'était l'heure de la séance de "Saw 4" ! On aurait pu le rater. En fait, j'espérais le rater. Tandis que des employés en uniformes serrés, arborant le sinistre brassard bleu UGC, entraînaient un Raphy hurlant vers la salle concernée, Fab et Arkh, eux, parurent entrer de bon coeur. Puis le film commença, s'ouvrant sur une scène d'autopsie ignoblement contemplative et inutile, pour sombrer rapidement dans des tréfonds de vulgarité et de gore putassier.
Si vous voulez en savoir plus... J'ignore si mes compagnons d'infortune sont de mon avis ordurier, Arkh semble avoir été fasciné par la chose, et Fab l'avoir trouvé pas si mauvais.
Puis ce fut la course jusqu'à l'UGC Ciné Cité les Halles, où nous pûmes enfin retirer nos billets pour aller voir un film que l'on espérait meilleur. Message de Zohar trouvé sur mon répondeur, il se trouvait à ce moment dans la file d'attente.
Ce n'est que dans la salle que nous découvrîmes, ravis, Jamic, Zohar et Enguerran, qui nous avaient réservé plus de places qu'il n'en fallait.
Jamic brillait par une coiffure guère différente de celle que je lui ai toujours vu, mais dont je trouvais qu'elle lui allait très bien, Zohar le solaire était porteur d'habits de couleur calme et claire qui rehaussaient les tons majoritairement sombres de la congrégation, et Enguerran portait des atours bien classes, sa tenue unique qu'il possède en dix exemplaires dans son placard, tel un personnage de mangasse. C'est fini pour le défilé de mode, rassurez-vous, je ne parlerai plus boutiques jusqu'à la fin du texte.
Après les présentations et de brèves discussions, "La Légende de Beowulf" commença. Long métrage qui fut regardé avec force respect, et applaudi par une partie de la salle. Je ne me souviens que d'un commentaire qu'Enguerran ne résista pas à l'envie de placer lors de l'un des moments forts : "C'est Kratos en personne !

".
Sortie dans la joie et dans la bonne humeur, ça, c'était une expérience ! Et après un peu de marche dans les Halles, il était temps de se replier.
Un voyage inattendu, un crépuscule épicé
Nous devions rejoindre la station Marcadet-Poissonniers, non loin de chez Jamic dont le repaire salubre était considéré à l'unanimité comme la meilleure destination possible pour l'occasion.
Mais l'entreprise tourna à l'exploit mythologique du fait d'un métro tout simplement bondé. Les grèves étaient terminées, mais les rames de la ligne 4 pleines à craquer, et nous nous retrouvâmes serrés comme des sardines. Nous dérivions au hasard des mouvements de foule, en tentant péniblement de poursuivre la conversation sur divers sujets dont le panneau d'affichage qui montrait un trajet mêlant ligne 4 et ligne 1, par faute d'un placard en partie arraché. C'était surréaliste, et bien digne de rires.
Arrivés près de chez Jamic, mission : nourriture ! Passage dans un supermarché où nous nous divisâmes en deux groupes à la mode RPG. L'un devait prendre les boissons, l'autre la nourriture. Nous eûmes les yeux passablement plus gros que le ventre, et nous avons pu nous en rendre compte en tentant de dévorer les vivres au cours de la nuit...
Avant le repas, on file à la base d'opérations. C'est le moment d'enlever ses chaussures, de mettre fromage, jus de fruit, saucisson et autres victuailles au frigo... mais c'est aussi l'instant tragique où nous nous retrouvâmes acculés devant "Beowulf", version Christophe Lambert. Mauvais, mauvais... nous nous emparâmes du premier prétexte venu, la faim, pour écourter l'expérience nanardesque. Il était temps de partir dîner dans un bon restaurant.
Suivit un excellent repas, ni trop lourd ni trop frugal, épicé de discussions politiques, économiques, ou plus chimériques (Eltarques et religion d'Isil). Repas, également, où on commença à me reprocher, comme on le fait parfois, de ne pas "casser".
Retour à l'appartement de Jamic, pour "
finir la soirée".
La "soirée" nanars, mangasses et jeu vidéo
Comme toujours, la soirée se prolongea, devenant une nuit blanche. L'une des plus longues que j'aie vu, et des plus courtes aussi, car bien agréable. J'y ai d'autant plus goûté que cela me distrayait de moult soucis personnels qui m'agitaient depuis plusieurs jours. Hé oui, votre Haut Eltarque est un être torturé, il ne lui manque plus que la mèche Emo et les lacérations.
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Bref...
Au chapitre des tortures, justement, "Beowulf" version Lambert n'était pas mal. Car le repas ne faisait que retarder nos épouvantables souffrances. Nous hurlâmes et nous rîmes nerveusement devant la chose rehaussée par la performance d'un Christophe Lambert qui avait déjà , à l'époque, connu de meilleurs jours, des effets numériques ratés, des gadgets James Bondesques dans un monde médiéval/post-apocalyptique complètement pourri. Le boss final avait presque une belle allure, et en plan large, il était curieusement esthétique, mais il restait très artificiel de rendu et d'animation souvent pathétique. Bref, la chose s'acheva par ce combat, ainsi que quelques plans de dénouement complètement plats, histoire de remplir le cahier des charges. Film à chier, définitivement, et nanar hilarant.
La soirée se poursuivit par la vision de diverses vidéos à la con (spéciale dédicace à
ce grand moment de finesse et puis de poésie recommandé par Arkh), tandis que Zohar regardait à la télévision des épisodes de la dernière vision de "Stargate SG-1" où la Messie des Dieux aux yeux orange faisait un retour en force. Je pus aussi présenter l'effroyable manhwa "Omega" où Ruby Rod, du "Cinquième Élément" de Besson, était l'un des méchants (ceci n'est pas une blague).
Mais le temps passait, minuit approchait et Fab le Magnifique, cherchant à conserver un cycle diurne, dut nous quitter. Il fut regretté. Moins raisonnables, les autres personnes présentes restèrent, restèrent et restèrent...
La nuit blanche, dès lors, gravita essentiellement autour des jeux vidéos, des plus anciens au plus récents, des tréfonds de l'arcade et de la Super Nintendo à l'une des plus colossales aventures que pouvait offrir la PS3. Entre les affrontements streetfighteriens, dragonballesques, l'achèvement des aventures des Tortues Ninjas à travers le temps (bref retour en force du duo Enguerran/Raphy le joueur compétent et le petit comique se prenant tous les pièges) et de "Fatal Fury 2" dont le boss final est un ignoble truc bondissant aux cheveux ROSE BONBON, Zohar de Malkchour put fouler à nouveau le sol de la Grèce antique et gagner l'île des Moires pour défier les dieux, accompagné du puissant et barbare Kratos (l'amour de sa vie... mais attention, le Dieu de la Guerre est également courtisé depuis fort longtemps par le sieur Enguerran). Cette quête épique l'occupera, et l'essentiel du groupe avec lui, jusqu'à l'aube, et au-delà .
En attendant, alors que les coups volaient en tous sens, Arkh commença à aborder l'épineuse et raisonnable question "
Quand est-ce qu'on dort ? Y'a des phases de sommeil ?", pour se voir adresser des regards stupéfaits par les habitués de ces nuits décadentes. Il eut le droit à quelques heures de sieste sur un petit canapé, un repos agité, accompagné qu'il était par les râles de Kratos, les exclamations de Zohar et l'hilarité généralisée devant les péripéties gréco-grosbillesques.
Cherchant à ne pas me faire totalement révéler le jeu "Dieu de la Guerre 2", décidé que j'étais à tenter l'aventure ultérieurement avec l'aide d'Enguerran qui venait, d'ores et déjà , de me prêter le DVD, j'ai souvent détourné mon regard de l'écran pour le plonger, d'abord dans le manga "Genshiken", ensuite dans "Larme Ultime", venant du même pays, mais d'un genre narratif tout à fait différent, et très émotionnel. Dans les deux cas, des BDs assez justes sur le plan des relations amoureuses et sexuelles, de leurs complications. J'ai beaucoup apprécié, et je pense poursuivre...
Je me suis occasionnellement emparé de la manette, cela dit, pour montrer par exemple que j'étais tout à fait compétent pour ce qui était de tout à la fois faire descendre un monte-charge antique plus vite que le pressoir à viande qui le surplombait, et de décimer des squelettes qui sans cessent revenaient pour bloquer l'ascenseur en question. J'ai également regardé un peu quelques-uns des personnages baroques et inquiétants peuplant "Dieu de la Guerre 2", et les duels enragés qui les opposait à Kratos.
Le soleil montait déjà dans le ciel quand Arkh se réveilla. Il constata que personne d'autre que Fab n'était parti et qu'à présent, tout le monde se concentrait sur la progression de Kratos. Kratos devait gagner, et avoir sa
vengeaaance. Ce fut bel et bien le cas, à onze heures du matin, le Dieu de la Guerre emporta le soutien de puissants alliés et partit à la conquête des plus hauts objectifs.
Il était temps pour les compagnons de Kratos, après n'avoir consommé qu'une faible partie des provisions et des boissons, de laisser le reste sur les bras de Jamic et de filer dans l'air plus si matinal que ça. Adieux émouvants, sur le seuil pour les uns, dans le métro pour les autres.
Une belle sortie, une belle soirée et une jolie nuit blanche comme on aime à en faire... Encore une fois, le départ de Fab est fort dommage, et on reste sous le choc de l'absence de Nube.